Quand "aide-moi" veut dire "dis-moi que c'est impossible"
Ton client te dit qu'il a besoin d'aide pour trouver une solution. Tu proposes. Il répond "oui, mais." Tu reprends. Il dit encore "oui, mais." Au bout de la quatrième tentative, t'as une légère envie de changer de métier.
Ton client te dit qu'il a besoin d'aide pour trouver une solution. Tu proposes. Il répond "oui, mais." Tu reprends. Il dit encore "oui, mais." Au bout de la quatrième tentative, t'as une légère envie de changer de métier.
Spoiler : il n'a pas besoin de solutions. Il a besoin qu'on confirme qu'il est coincé.
"Oui, mais" n'est pas de la résistance
C'est souvent là qu'on va en premier. Le client "résiste". Il "n'est pas prêt". Il "ne veut pas vraiment changer."
Ce n'est pas faux, mais ça ne sert pas. Ça place le problème entièrement chez lui — et toi dans une posture légèrement surplombante qui ne fait avancer personne.
Ce qui se joue dans un "Oui, mais...", c'est autre chose. Le client n'est pas là pour trouver une porte de sortie. Il est là pour faire confirmer sa carte du monde — une carte sur laquelle il est bel et bien coincé, les issues sont bloquées, et même un coach ne peut rien y faire. Ce n'est pas du sabotage. C'est une quête de validation.
Et toi, à chaque proposition que tu fais, tu lui offres l'occasion de la démontrer.
Ce que ça coûte
À lui : rester là où il est, avec la certitude confortable que c'est inévitable.
À toi : de l'énergie dépensée sur le mauvais levier. Et parfois un sentiment diffus d'incompétence — "je trouve pas les bonnes solutions" — alors que la question n'était pas là depuis le départ.
Le déplacement qui change quelque chose
Arrêter de chercher des solutions. Pas parce que t'as renoncé, mais parce que la vraie demande est ailleurs.
"Qu'est-ce que ça ferait de ne plus être coincé ?" — pas "comment tu sors de là", mais "à quoi ça ressemblerait pour toi, la sortie ?"
Ou plus direct encore : "Qu'est-ce qui doit absolument rester impossible pour que ta situation reste ce qu'elle est ?"
C'est inconfortable. C'est souvent là que quelque chose bouge pour de vrai.
Le jeu "Oui, mais..." a besoin d'un Sauveur pour fonctionner. Si tu refuses ce rôle — pas par dureté, mais par lucidité — tu changes la dynamique. Et parfois, le client réalise qu'il cherchait quelqu'un qui arrêterait de proposer. Quelqu'un qui l'accompagnerait dans ce qu'il a à regarder en face.
C'est ça, le boulot.